Pascal Lymer
Écrivain biographe en Isère
Vous avez souffert, vous voulez écrire ? Vous avez parfois envisagé d’écrire votre histoire, de raconter ce qui vous est arrivé. Vous avez éprouvé le besoin d’en témoigner. Peut-être pensez-vous que vous pourriez ainsi vous apaiser, mettre un point final à ce qui vous a fait souffrir, passer enfin à autre chose.
Mais la tâche vous semble ardue. Vous ne savez pas vraiment comment vous y prendre, par où commencer. Ou alors vous n’êtes peut-être pas très à l’aise avec l’écriture, la rédaction. Sans compter que vous ignorez tout de l’édition, de l’impression, de la distribution.
Je vous assiste en tout.
Biographe professionnel après avoir été éducateur et maire
Nous commençons par un premier rendez-vous pour faire connaissance, car vous n’allez pas raconter votre vie, y compris, peut-être ses épisodes enfouis, au premier venu.
Vous avez besoin d’avoir confiance. Or, la confiance se gagne, petit à petit. Vous avez donc besoin que je vous raconte tout d’abord qui je suis, pourquoi je suis devenu éducateur spécialisé, ce qui m’a particulièrement formé à l’écoute. Vous avez besoin de m’entendre vous raconter ce qui m’a fait souffrir, comment, dans le passé, je fus maire de ma commune, pourquoi et comment je chante Brassens sur scène en expliquant les références littéraires et en racontant sa vie, pourquoi je fus un certain temps père au foyer – j’ai adoré ça ! –, pourquoi j’exerce mon activité d’écrivain biographe depuis que je suis à la retraite, etc.
Ensuite, nous commençons nos rendez-vous mensuels. Je vous enregistre, car je ne sais pas mener un entretien tout en prenant des notes. Le cœur de mon métier, c’est la maïeutique – Maïa était, chez les Grecs, la déesse de la fertilité et de l’accouchement –, l’art de faire sortir ce qu’il y a dans les esprits, l’art de les faire accoucher, en somme.
Au fur et à mesure de nos entretiens, la confiance s’installe et vous pouvez alors vous livrer à vous-même sans retenue. Tout peut ainsi être dit, même si tout ne sera peut-être pas à écrire.
J’écris à partir de votre récit
Je vous écoute sans juger. Ce fut longtemps mon métier. Bienveillant, je vous guide dans votre réflexion. Je vous questionne. Je vous indique des portes que vous décidez de pousser ou pas.
Ensemble, bavardant, nous parcourons votre chemin.
Suite à chaque entretien, environ trois semaines après, je vous envoie le texte que j’ai écrit à partir de votre récit. Ce texte et les notes que vous avez prises sur votre carnet, votre téléphone ou ce que vous voulez, tout cela sert de matière pour notre entretien suivant.
Ma clientèle dépose sa souffrance
Pour des raisons qui tiennent à ma propre histoire, ma clientèle de prédilection est composée de gens qui ont souffert, comme beaucoup d’humains, me direz-vous. Mais eux se sont battus, ils ont tenté de comprendre ce qui leur arrivait, ils se sont fait aider par des professionnels et ils arrivent à la fin de leur parcours de résilience. Et comme pour en sortir, comme pour mettre un point final à leur aventure – c’en est une ! –, ils veulent écrire, déposer dans un livre leur vécu, comme pour se le rendre extérieur.
Z., ma troisième cliente, m’a dit au début de nos entretiens : « Je veux écrire ma souffrance dans un livre, je veux ainsi pouvoir la déposer sur ce buffet pendant que je pars faire mes courses ».
Exemple de mon écriture : extrait de Danse, David, Danse !
« Banlieue parisienne. Bougival aux bords de Seine immortalisés par Pissarro. Bougival, pays des impressionnistes, lieu de villégiature pour de Vlaminck, Renoir, Sisley, d’autres encore.
Avec Marc et sa compagne Adeline, mes deux meilleurs amis de l’époque, nous sommes tous les trois invités pour le repas chez les parents de Marc.
Table dressée dans la cour de la maison. Soleil aimable. Immenses roses trémières, offrant leurs inflorescences hissées pour l’occasion à hauteur d’homme. Tout est comestible dans cette plante dont les fleurs prodiguent leurs effets médicinaux depuis l’antiquité. Elles cernent la cour, l’élevant ainsi au rang de jardin champêtre ponctué de couleurs chaudes. Elles participent majestueusement des dimanches qui s’étirent nonchalamment.
Le père de Marc est fier de nous offrir son Monbazillac 1985, année de trésors du bordelais, pour moi une découverte moelleuse comme un nuage, doucement liquoreuse sur la langue, plutôt sucrée en gorge et agréablement grisante.
Ambiance conviviale du Déjeuner des canotiers de Renoir.
Le piano trône en bonne place quelque part entre cuisine et jardin et Marc me presse de m’y installer pour que j’interprète quelques-uns de mes morceaux composés au Club.
Panique !
Je n’aime pas briller, depuis longtemps, je préfère l’ombre à la lumière.
Je me défausse, je louvoie, je me faufile entre les insistances de l’assemblée, invoquant le fait que certaines conditions ne seraient pas réunies. Je suis champion pour botter en touche.
Je ne dis surtout pas que je suis mal à l’aise, que je suis pudibond, que j’ai honte. J’ignore pourquoi, d’ailleurs, mais c’est ainsi. Depuis toujours, me semble-t-il. Et je ne sais pas le formuler.
Lors, j’évite toutes les situations qui m’exposent.
En réalité, je n’en ai pas véritablement conscience. Ces émotions, la peur, la honte me sont juste habituelles, familières, intégrées à ma façon d’être, sans que jamais je ne me sois véritablement interrogé plus avant, mon cerveau mammalien réduit dans ces circonstances-là au minimum.
Mais ici, au cours de ce repas, je suis frappé par la foudre qu’aucune météo n’avait prévue.
L’invitation de Marc à m’installer au piano n’avait été que le vent qui précède l’orage, car la conversation tourne à présent autour de la formation des couples et la mère de Marc, après avoir évoqué la rencontre de son fils avec Adeline, m’interroge :
Et toi David, tu as une amoureuse ? »